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Dans une conférence prononcée en 1948 à l’Institut Français de Barcelone, Henri MOREU-REY montre que c’est au début du XVII° siècle que la colonie française prend corps, par la constitution d’une société d’aide mutuelle appelée « Fraternité et Confrérie de la Nation Française établie à Barcelone, sous la protection de st Louis, roi de France » Très exactement en 1616 : en ce soir du Jeudi Saint, dans le cadre de la Semaine Sainte, une procession solennelle partit de l’Eglise Notre Dame du Pin : derrière le ‘mystère de la Flagellation, - scène de la Passion concédée aux français – le Consul ( Pierre ORTIZ) présidait, les français suivaient, un flambeau à la main… |
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Cette Confrérie avait la charge « de maintenir et d’accompagner le groupe de la Flagellation, mais aussi de verser des secours aux associés malades, de se charger des frais d’enterrement… » Deux siècles plus tard, LESSEPS s’en inspirera en fondant la Société Générale de Bienfaisance. Elle se retrouvait au Couvent des Cordeliers de Notre dame de Jésus Hors-les-Murs ( appelé ainsi car c’était le seul édifice religieux barcelonais construit à l’extérieur des fortifications), sur la route de GRACIA et qui fut donc la première chapelle française. Le 9 octobre 1616, le Consul obtenait du Couvent « un ancien oratoire latéral et le terrain y attenant dans le jardin pour y installer une chapelle à l’imitation des églises érigées à Rome, Naples et à Lisbonne et appartenant au corps de français résidant dans ces villes. Le 30 du même mois, devant les autorités du couvent et les français réunis, le Consul posait la première pierre. La nouvelle chapelle allait être placée sous la double protection de saint Louis, roi de France et de son neveu Louis, évêque de Toulouse, frère mineur qui avait passé sa jeunesse à Barcelone. Ce même jour, trente français appartenant à la Confrérie, présidés par le Consul, nommèrent les majoraux et officiers de l’association |
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Excepté durant la période 1713-1716 où le couvent fut démoli, puis reconstruit, « jusqu’à l’invasion napoléonienne, la chapelle des français remplit sa mission avec régularité. On y célébrait solennellement les fêtes de st Louis de France et de st Louis de Toulouse ainsi que les autres cérémonies organisées par la Confrérie et les français établis dans cette ville. On y donnait sépulture à tous nos compatriotes qui désiraient y être enterrés… avec le plus d’éclat et de majesté qu’il était possible ». Un document de 1716 indique même qu’il y avait un aumônier en titre, choisi par les français et payés par eux ! Cependant, 100 ans plus tard, le monastère, et la chapelle, ne résistèrent pas au Maréchal Suchet qui, battant en retraite, fit tout raser. Pour la seconde fois, la chapelle était démolie sur ordre des français !La statue de st Louis fut déposée au Consulat et il faudra attendre 1846 pour la voir réapparaître dans la nouvelle chapelle française à st Philippe Néri. Entre 1850 et 1859, le Consul de l’époque – en défense des intérêts de la Chapelle française – eut des démêlés avec l’évêque de Barcelone qui alla jusqu’à l’excommunier, lui et le Conseil de Fabrique ! |
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En 1881, arrivent de Lyon, les Pères Maristes, et quelques étudiants à la suite du vote des lois contre les congrégations. Ils s’installent à La Torre Santa Maria, maison de campagne située dans le quartier actuel de l’hôpital de San Pablo où ils fondent un scolasticat. Ils assurent le catéchisme trois fois par semaine dans les écoles qu’entretenait déjà la colonie française. Cependant, en 1899, à la demande de plusieurs familles et de l’évêque de Barcelone, ils vont organiser le culte et ce seront les Petites Sœurs des Pauvres qui prêteront leur chapelle de la Place Tetuan pendant plus de quatre ans pour les messes des dimanches et fêtes. Il fallait trouver une situation plus définitive. Aussi, en 1903, un magasin est acheté au 274 de la calle Diputacion, et le 27 juin, après travaux que les familles françaises ont réalisés à leurs frais, la chapelle française s’installe, en prenant le nom de « Chapelle Notre Dame de Lourdes ». Pourquoi ND de Lourdes ? Je n’ai pour l’instant pas trouvé d’explication. Est-ce lié à la dévotion mariale de la Société de Marie et/ou le développement contemporain de Lourdes ? Outre la chapelle, on trouvait des chambres pour les Pères et quelques salles de classe. Le Recteur d’alors, le Père GAUVEN, rappelle à cette occasion : « Le but de l’Oeuvre est de mettre à la portée de tous les Français le service religieux, en le confiant à des prêtres de leur langue ; de leur fournir spécialement les dimanches et jours de fête, à la messe qui se célèbre à 10 heures et qu’accompagnent des chants français, l’avantage d’une prédication française ; d’assurer enfin, et surtout aux enfants de la Colonie une préparation convenable, tant à leur Première Communion qu’à leur entrée dans la vie |
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Mais dès 1912, ce local s’avérait vraiment trop petit pour une colonie de 20.000 personnes. Si bien que le Père Gauven, lança une souscription : les dons affluèrent et permirent l’acquisition d’un terrain calle Bruch,94, où l’on construisit une crypte aux murs suffisamment solides pour pouvoir supporter plus tard une véritable église. Le petit collège s’y transporta et cela dura jusqu’en 1928.A cette date, en un an, le Père Soubeyran fait construire la grande chapelle et la crypte est transformée en salle de théâtre. Les dons furent si nombreux qu’on pu meubler entièrement , décorer, avec des matériaux de première qualité. Sur l’un des côtés, on pouvait voir la Vierge de Lourdes dans sa grotte apparaissant à Bernadette. « Source de renouvellement intérieur et de générosité d’union et de service, la Chapelle a joué un rôle efficace et discret, en milieu français et catalan, auprès des jeunes et moins jeunes, des résidents et des hôtes de passage » (auteur anonyme). Liturgie, formation intellectuelle, action éducative, aide sociale formaient ainsi la vie de la communauté. |
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« En juillet 1936, alors que toute la ville de Barcelone connaissait des heures d’angoisse au cours desquelles églises et couvents étaient saccagés ou brûlés, quelques français attachés à leur chapelle faisaient l’impossible pour qu’elle fut épargnée. Après avoir cherché une retraite sûre pour les Pères maristes, ils se dépensaient sans compter pour sauver les Saintes Espèces, les objets de culte et l’édifice. Notre Dame de Lourdes, tous les saints de la chapelle, le maître-autel disparaissaient sous des étoffes de couleurs diverses, les bancs étaient enlevés, quelques lits dressés dans la nef, et l’hôpital du consulat français commençait à fonctionner avec quelques malades. Ornements sacerdotaux, vases sacrés étaient déposés en lieu sûr. Les Pères maristes, les uns après les autres, réussissaient à gagner la France. Les mois, les années passèrent, la crypte fut occupée par des soldats d’abord et des réfugiés d’autres régions d’Espagne ensuite. Un jour, au cours d’un violent bombardement aérien, une torpille traversant la voûte et le chœur arriva jusque dans la crypte sans éclater. Pour la deuxième fois la chapelle française était sauvée. Quand en 1939 les familles françaises rentrèrent à Barcelone, elles eurent la joie de retrouver leur église intacte » ( auteur anonyme). « Les activités reprirent progressivement ; une collaboration s’instaure avec l’Institut français pour aider nombre de français en transit, en difficultés, notamment ceux qui cherchaient à gagner la France Libre. Et grâce à l’esprit d’accueil et d’ouverture qui a été toujours celui des Pères maristes, la chapelle devint un havre de liberté où pouvaient se retrouver, en toute amitié, français, francophones et espagnols. De nombreuses activités renaissent… : catéchèse, aumônerie du Lycée, scoutisme, vie montante, groupe de prière, de réflexion, aide sociale qui s’occupe en particulier des quartiers les plus défavorisés de la ville, une chorale qui reste dans les annales, et un bulletin d’informations « Messages » qui voit le jour en 1942, et touche près de 2000 personnes » ( auteur anonyme). |
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Le 30 avril 1968, Mgr Marcelo Gonzales, archevêque de Barcelone, signe le texte érigeant la Chapelle Française en Paroisse personnelle ayant juridiction sur les catholiques français ou de langue française, résidents ou de passage à Barcelone. Le 20 octobre, la Paroisse est inaugurée solennellement par une messe suivie d’un vin d’honneur sur le patio. Ce nouveau statut offre une plus grande responsabilité pastorale dans la préparation et la réception des sacrements, la mise en application des directives conciliaires et l’effort de renouveau spirituel ; il implique également une plus grande participation des laïcs à l’organisation pastorale et matérielle de la paroisse. Ce statut modifie aussi la situation de la Chapelle vis-à-vis du diocèse : en même temps qu’il reconnaît et distingue davantage la communauté catholique française dans sa singularité linguistique et culturelle, il l’intègre davantage et l’invite à concourir plus officiellement à la mission religieuse du diocèse de Barcelone. |
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En 1973, la tendance vers une ouverture maximum - et le fait qu’un grand nombre de familles catalanes choisissaient les institutions françaises au nom d’un certain libéralisme religieux et donc n’entretenaient plus aucun contact avec leurs paroisse territoriales - visant à mettre davantage en avant le fond commun évangélique plutôt que la différence nationale amène les Pères maristes à proposer un changement du nom de la Paroisse Française. Non plus Paroisse Française Notre Dame de Lourdes, jugé « trop patriotique », mais Paroisse ND de Nazareth ( or il existait déjà une paroisse de ce nom à Barcelone ) ou du Seigneur d’Emmaüs. Le transfert en cours à la calle Angli pouvait en être l’occasion. Le Conseil choisit d’en rester à l’appellation actuelle. |
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Dès 1967, le projet de changer de lieu prenait corps. On trouvera dans le numéro 256 (mai 1971) de «Message » les explications de ce changement ; en bref, Bruch s’avérait trop petit, mal disposé, et loin du Lycée français qui allait s’établir à Pédralbès. Il fallait des locaux plus vastes, plus modernes, plus fonctionnels. Après de multiples aléas et péripéties, l’installation au 15 de la calle Angli est réalisée en juin 1974. Des zones de rencontre ou de rassemblement, des locaux pour assemblées d’importance variable, des dispositions aidant communications et contacts vont dans le sens qui voulait être favorisé : celui de l’accueil. Chaque étage a une destination particulière qui confère à chacun sa physionomie. Enfin est opérée une distinction plus nette entre la paroisse française et la communauté mariste. La « maison » de la calle Angli regroupe donc deux finalités : une ouverture plus internationale pour ce qui est de la communauté mariste, et, « en second plan, l’aspect national (qui) prendra alors son exacte place, dans le domaine religieux qui nous occupe » ( Message n° 256 page4). |
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Mais bientôt, nouveau coup de théâtre ! Cent ans après son arrivée, les Pères Maristes sont rappelés en France par leur Congrégation, celle-ci voyant ses effectifs s’amenuiser. En Juin 1979, c’est chose faite. Une structure a été mise en place pour que la vie paroissiale continue : un comité provisoire de laïcs est créé, la communauté se constitue en association qui sera l’interlocuteur de la Société de Marie et se chargera de la gestion de la maison. Il y aura beaucoup de bonnes volontés de part et d’autre, mais la solution est bancale, les charges trop lourdes ; si bien qu’ une solution radicale mais devenue inévitable est adoptée : faire don des lieux à l’archevêché de Barcelone, à condition que soit respecté et conservé l’espace nécessaire au culte et aux activités de la paroisse. |
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Entre-temps,
en 1990, une communauté se met en place à Castelldefels où résident bon
nombre de familles françaises. Très vite se révèle là un dynamisme qui ne se
démentira pas. Une messe des familles a lieu chaque mois dans une école
française, puis dans l’église de Vista Alegré, la catéchèse est assurée, des
groupes de réflexion et de partage se forment. |
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Mais le dimanche 1er avril 2001, comme le note un paroissien, « alleluia ! les portes de la paroisse s’ouvrent sur des locaux tout neufs. Retrouvailles, joie et une énorme confiance dans l’avenir. Oui, avec l’aide du Seigneur, avec l’aide de tous, la vie reprendra… ». Il restait cependant à meubler en grande partie tous ces locaux et se pourvoir du matériel normal de fonctionnement. Enfin, la Paroisse Française disposait d’une grande chapelle avec possibilité d’agrandissement sur le hall d’entrée ; d’un oratoire, lieu de recueillement pour la prière personnelle, les messes de semaines, les liturgies de groupes restreints ; d’une grande salle de réunion, d’une grande sacristie, d’un bureau ; en sous-sol, de diverses salles aux dimensions variées donnant sur un grand patio ; et au 1er étage, d’un logement pour le Recteur. |
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Les
activités décrites dont notre site se veulent l’écho montrent, s’il en était
besoin, la vitalité actuelle de la Paroisse Française de
Barcelone-Castelldefels |
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